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Une grand-messe

Lors donc, ainsi que j'ai eu l'honneur et le plaisir de vous le narrer, le brave curé de ce petit village était entré dans une transe nouvelle en sentant sur sa verge enflammée la caresse endiablée et accentuée du vagin de la pharmacienne, la belle madame Nortebert. Celle-ci se dandinait, allait et venait en de longues et vibrantes torsades sur le sexe épais et dur de son amant. Tantôt elle l'enfonçait jusqu'au plus profond de son ventre, tantôt elle semblait lui rendre la liberté en se dressant même sur la pointe des pieds pour à peine le frôler des lèvres trempées de sa vulve affamée. Là, elle le dégustait, le taquinait, se rendant folle elle-même de désir à sentir ce gland chaud et ferme contre ses chairs ouvertes. Puis, brusquement, n'y tenant plus, elle avalait en sa chatte furieuse le mâle attribut du pauvre curé qui alors frisait l'apoplexie.
A quelques mètres de là, mademoiselle Nitouche dévorait la vulve de la Vierge Marie, comme une chatte lappant son lait. Marie qui, prenant soudain une vie inattendue, quittait son apparence de pierre pour prendre celle du feu. A peine si elle parvenait à garder l'Enfant sur son sein ! Elle dansait sur la bouche de sa nouvelle amie qui s'abreuvait au liquide sacré qui s'écoulait de son ventre vierge et innocent mais pas insensible. Mademoiselle Nitouche prenait un plaisir qu'elle n'aurait jamais imaginé pouvoir ressentir par la chair en se délectant du nectar sacré salé que Marie, malgré elle, ne pouvait s'empêcher de lui offrir à flots constants.
Les quatre endiablés formaient maintenant un choeur inédit dans la petite église. Les chants séraphiques de Marie et de Nitouche formaient des mélopées aigües, soulignées par les rythmes da la voix d'alto de madame Nortebert, qui semblait rythmer en contrepoint le chant des vierges ; enfin la voix de baryton du curé, dont les râles rauques et graves donnaient comme un fond sauvage à cette oeuvre dyonisiaque, enveloppait les chants des femmes en une sorte de manteau sonore qui faisait même trembler les murs épais de la vénérable bâtisse. Les anges qui gardaient le petit orgue se mirent à sonner leurs trompettes, et l'orgue, comme mû par un musicien invisible, mit en branle ses tuyaux d'étain qui vibraient depuis longtemps de se joindre au jeu. La cloche elle-même, en haut du campanile, s'ébranla et se mit à chanter un étrange alleluïa.
Les villageois furent bientôt alarmés par cet appel inattendu. Le pharmacien, le maire, la boulangère, les retraités, les écoliers, le facteur, qui sais-je ? tous accueillir en quête des étranges phénomènes. Les voila entrant timidement dans le temple. Ils craignent d'y voir le Diable en personne. Les plus braves restent interdits près de la porte, prèts à la retraite si nécessaire. Ils découvrent l'horrible spectacle. Les femmes prennent les enfants sous leurs ailes. Les hommes sont comme pétrifiés de surprise. Il faut dire que madame Nortebert en amoureuse effrénée, voila un spectacle auquel ils ne s'attendanient pas ! Mademoiselle Nitouche en pleine frénésie saphique, voila de quoi les surprendre ! Et, comble de tout, la Vierge de pierre (qu'en secret ils admirent depuis tout petits !) qui se délecte de se faire lècher la chatte !
Bientôt, les enfants furent renvoyés à l'école, avec pour mission d'écrire une rédaction sur leurs dernières vacances, et les verges sorties des braguettes, les seins des chemisiers et des robes, les tee-shirts volèrent en l'air, les slips tombèrent à terre et la population copula sans vergogne dans un déluge d'amour fraternel. Les prie-dieu accueillaient les belles qui voulaient s'agenouiller, entourant de leurs lèvres gourmandes les queues qui se présentaient, fières et provocantes. Les croupes sortaient des jupes relevées et des jeans baissés, et des mains habiles les pelotaient et les fessaient, quand ce n'était pas ds langues qui les dégustaient afin de les rendre dociles à qelque pénétration intime. Râles et feulements emplissaient la voûte sacrée. Telle femme offrait ses seins au voisin qu'hier elle dédaignait encore. Tel coquin lutinait la voisine dont il jurait hier à sa femme qu'elle lui était indifférente. Bref c'était une bacchanale démesurée qui se produisait dans la maison du Seigneur !
Les dieux, du haut de l'Olympe, reçurent sans faillir quelques échos de la fête. Diane, Vénus, Mars, Pluton, Minerve, Perséphone et Jupiter lui-même descendirent sur le petit village et se livrèrent eux aussi à une incroyable débauche ! On vit, on me l'a assuré, Vénus s'empaler sur le clocher de l'église ! Le curé se maria cent fois tant à des déesses qu'il prenait pour des mortelles, qu'à des mortelles qu'il prenait pour des saintes ! Madame Nortebert était folle de la lance de Mars et ne se lassait pas de la caresser de ses doigts fins et habiles qui savaient toujours renouveler l'ardeur du dieu guerrier. Mademoiselle Nitouche s'allia à Perspéphone et le pharmacien à Mercure ! Les plus étranges alliances se faisaient et se défaisaient, n'ayant d'autre guide que le plaisir fou de l'imprévu et de l'orgasme recherché, atteint, et recherché encore.
La nuit tomba et la folie érotique continuait de séduire les esprits et d'égarer les corps. Mais, déjà, la fatigue commençait à instiller sa torpeur. Les caresses se faisaient nonchalantes, les baisers langoureux. Déjà, le chant des grillons et des bêtes de la nuit couvrait les voix amoureuses des hommes. La lune en haut éclairait d'une timide lumière, à travers les vitraux, les scènes qui ressemblaient plus, maintenant, à la fin d'une bataille qu'à une orgie satanique. Les gestes lents des amants sombraient dans l'ouate du sommeil.
Lorsque Phébus, au matin, réveilla ce petit monde, chacun, gèné, remit tant bien que mal ses effets en ordre et prit le chamin du devoir.



19/01/2015
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