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Une confession

Jean était encore un jeune homme. Etudiant, il louait une chambre de bonne dans les beaux quartiers. Lui qui avait grandi dans les faubourgs, habitué aux ouvriers, aux marchandes de quatre saisons et aux prostituées et leurs « amis », se trouvait, au milieu des gens comme il faut, comme en terre inconnue, en voyage à l'étranger en quelque sorte. Son esprit curieux le portait à une sorte d'étude ethnographique de ses nouveaux concitoyens. Une question qui l'intéressait plus que d'autres était cette coutume de la messe du dimanche. Certes, même à Belleville, il y avait des paroissiens (surtout des paroissiennes, d'ailleurs) pour fréquenter régulièrement l'église. Chacun semblait s'y rendre avec son cœur, semblant chercher une sorte de fête intérieure, qu'il ne comprenait pas mais qu'il devinait dans leurs yeux, dans leur démarche. Là, dans ce quartier bourgeois, il ne ressentait pas la même chose. Il voyait des jeunes filles en soquettes blanches et jupes plissées bleu marine, les messieurs en costume comme s'ils allaient à un mariage, et les femmes en manteau et chapeau couvrant largement leur féminité. La rue, dimanche matin, se transformait en une sorte d'allée de Versailles conduisant à l'église trônant au centre d'une petite place bordée d'arbres.

Scientifiquement, Jean avait donc entrepris d'observer méthodiquement ces mœurs étranges. Lui qui ne connaissait et ne croyait rien à la religion, avait même fini par entrer dans l'église, restant prudemment à l'arrière, près de la sortie, tentant d'enregistrer et de comprendre les paroles, les gestes, les signes, les chants, de cette foule monochrome. Comme s'il y avait eu derrière un mécanisme du genre horlogerie suisse ou voiture allemande, la foule monomaniaque, tout d'un bloc, se levait, s'agenouillait, s'asseyait, se relevait, se signait de la croix, chantait, marmonnait, recommençait, sans jeter un coup d’œil sur le voisin pour se concerter, muée par la machine invisible derrière tout ça. Jean se demandait ce qui poussait ces gens à se prêter si fidèlement à cette cérémonie étrange.

Malgré son intérêt scientifique, il ne pouvait s'empêcher d'observer aussi les cheveux de celle-ci, les fesses de celle-là, ou encore de jolies jambes dépassant d'une jupe un peu trop longue à son goût. Les femmes avaient toutes des chapeaux ou des fichus sur la tête, mais cela rendait la moindre mèche aperçue terriblement attirante. Il craignait, bien sûr, de se faire remarquer, lui qui était totalement débrayé de la mécanique invisible du culte. Plutôt que tenter de faire comme les autres, il avait pris le parti de rester quasi immobile pendant toute la durée de l'office, et de sortir parmi les premiers dès qu'il sentait la fin venir.

Une jeune femme ou une jeune fille – quel âge pouvait-elle avoir ? - au fil des semaines, avait attiré son attention. Blonde sous un foulard chaque fois différent, elle n'avait pas de soquettes blanches, mais des bas dont la couture dessinait bien ses jambes fines. Lorsqu'il ne faisait pas beau, ce qui était souvent le cas, elle avait un imperméable ou un manteau serré sur sa taille et blousant un peu sur ses hanches. Quelquefois, elle avait simplement une jupe et un pull, et Jean délaissait un peu l'ethnographie pour tenter de mieux voir ses jolies formes. Elle se tenait remarquablement droite, chantait les cantiques avec une conviction particulière dans la foule monotone, et, dans le recueillement de certaines parties de la messe, semblait s'abîmer dans une méditation qui n'avait sûrement rien de cartésien.

Les pensées de Jean, lorsqu'il la voyait, n'avaient plus grand chose d'ethnographique, ni de métaphysique. Il se demandait seulement comment l'aborder. Surtout qu'elle était parfois accompagnée d'un homme qui pouvait être son père, ou aussi d'une femme et d'adolescents qui pouvaient être sa mère et ses frères et sœurs, ou ses neveux, qui sait ?

Semaine après semaine, Jean devenait un assidu des messes du dimanche, lui, le mécréant ! Il étudiait et observait la foule monothéiste et s'interrogeait sur ce qui se passait dans la cervelle de ces inconnus au comportement étrange. Mais, de plus en plus, c'est la jeune femme blonde qui captivait son attention, ses regards. Bien sûr, elle finit par s'apercevoir de cet espionnage, et, un jour, alors qu'elle passait devant lui en sortant de l'église, elle le regarda dans les yeux et haussa les épaules avec dédain. Le cœur de Jean cessa de battre quelques instants, et puis il sentit tout le ridicule qu'il devait avoir aux yeux de la belle inconnue. Mais, comme un drogué, il revint et revint encore les dimanches suivants assister aux messes du matin, les yeux rivés sur le manteau ou la jupe de la belle.

Un jour, il passait par hasard devant l'église, allant acheter du tabac. Sans être sûr d'y trouver un intérêt quelconque, il décida d'entrer. L'église était déserte. Il fit le tour, tentant de repérer les étapes du chemin de croix. Il entendit une voix de femme chuchoter, et une voix d'homme parler bas. D'un confessionnal, il aperçut les pieds d'une femme agenouillée. De jolis pieds. Il s'approcha, curieux et craignant qu'on s'aperçoive de son indiscrétion.

« Mon père, j'ai péché contre la fidélité. Je suis fiancée ... »

« Je le sais, et c'est très bien, ma fille. Je souhaite que votre mariage ait lieu bientôt. »

« Mais je pense sans cesse à un autre homme, mon père ! »

« Vous y pensez souvent, mon enfant ? »

« Oui, mon père, plusieurs fois par jour ! »

Jean s'approcha encore, il pouvait presque frôler les pieds de la jeune femme. Il lui trouvait de très jolies jambes. Il aurait voulu que ce soient celles de sa blonde inconnue.

« Mais vous y pensez comment, ma fille ? Penser à un homme n'est pas en soi un péché, si vous y pensez avec l'amour de Dieu. »

« Mon père, je suis très émue lorsque son souvenir me revient. »

Jean ne put s'empêcher de caresser aussi légèrement qu'il put, la cheville de la pécheresse. Elle ne bougea pas. Ouf ! Peut-être n'a-t-elle rien senti ? Cette idée rassurait Jean mais le décevait en même temps. Caresser une jambe n'est vraiment intéressant que si cette jambe caressée transmet un plaisir à la cervelle à laquelle elle est rattachée ! Sa main saisit la cheville, remonta un peu, se régalant du galbe de la jambe.

« Ma fille, toute pensée d'amour est bonne, car elle participe de l'amour de Dieu, mais il ne faut pas que la chair s'empare de vos sens. Cela s'est-il produit ? »

« La chair, mon père ? Mais cet homme, je ne le connais même pas, nous ne nous sommes jamais parlé ! »

La main de Jean remontait de plus en plus haut. Le grain du bas en nylon lui déplaisait un peu, mais ce déplaisir était bien compensé par la douce chaleur qu'il sentait au travers, surtout lorsque sa main se lova dans le creux derrière le genou de la jeune femme. Ce creux un peu refermé par la cuisse lui faisait maintenant comme un nid doux. Elle se redressa un peu, libérant sa main. Il en profita pour tâter doucement la cuisse.

« Ma fille, soyez claire, quels sont vos relations avec cet homme ? »

« Mon père, c'est un homme qui … oh je n'ose pas le dire ! »

« Un homme qui quoi ? Il ne vous a pas manqué de respect, au moins ? »

« Non, mon père, il est même, enfin, je crois, il est même assez timide. »

Jean palpait maintenant la cuisse tendre et un peu molle de la femme, sa main remontant de plus en plus haut sous la jupe. Enfin, au dessus du bas, il sentit la chair nue ! La peau si douce qu'il en était tout intimidé, la chair si tendre qu'il la désirait déjà avec ardeur, la chair si tiède qu'il aurait voulu s'y blottir ! Il crut qu'elle écartait un peu ses genoux posés sur le prie-dieu. Sa main explorait doucement l'intérieur tiède et doux des cuisses de la jeune femme.

« Pourquoi dites-vous qu'il est timide ? »

« Mon père, il me suit, il vient à la messe tous les dimanches pour m'observer, mais il ne m'a jamais parlé. »

« Vous devriez demander à votre père qu'il parle à cet homme. Il a de mauvaises manières ! Si ses intentions étaient bonnes, il ne craindrait pas de vous parler ! »

Jean ne pouvait retirer sa main d'entre les cuisses de la belle. Il était sûr maintenant que c'était sa blonde du dimanche ! Sans le vouloir, il frôla d'un doigt la culotte de coton, et il sentit une chaleur intense et douce.

« Mon père, oh, mon père, je ... »

« Que vous arrive-t-il, ma fille ? Vous ne vous sentez pas bien ? »

« Si, si, mon père, tout va bien, je … Oui je parlerai à Papa... Oh ! »

Les doigts de Jean enfonçaient le tissu du slip entre les lèvres de la vulve de la belle inconnue. Il sentit nettement ses cuisses se serrer sur sa main si bien engagée maintenant. Il enfonçait le tissu et cherchait à explorer l'intérieur de ce sexe qu'il sentait doux et humide.

« Ma fille, promettez-moi d'oublier cet homme, et, surtout, de ne pas avoir de pensées impures à son sujet. »

« Oh mon père, oui, je … tâcherai de … oui, oh ! Oh ! »

Jean remonta encore un peu et sentit l'élastique de la culotte. Il l'écarta et glissa sa main sur une fesse d'une douceur infernale. En ce lieu saint, sa main impie découvrait une sorte de paradis ! Il promena autant qu'il pouvait dans ces conditions sa main sur la molle chair du globe de cette fesse qui lui semblait trembler un peu. Il suivit le sillon d'entre les fesses d'un doigt léger, descendit, descendit.

« Ma fille, vous devez faire très attention. Ne vous égarez pas dans la voie du péché. Les fiançailles ne sont pas un jeu. Vous devez vous sentir engagée envers votre fiancée. Vous êtes engagée devant Dieu et votre famille. Respectez cet engagement ! »

« Oui, mon Père, oui, je … Je … le … respecterai. »

Les doigts de Jean s'étaient enfin glissés dans l'antre d'amour. La belle ruisselait sur ses doigts indiscrets. Il sentit le clitoris, tout gonflé, le saisit et le faisait rouler doucement entre son pouce et l'index. Ses autres doigts cherchaient des trous où se fourrer, fouillaient les replis intimes et trempés.

« Ma fille, vous direz trois Pater et trois Ave, puis vous parlerez à votre père comme il le faut. »

« Mon père, oui, … oui .. je serai obéissante … oh … oui … oh ! »

Jean sentit la belle couler sur ses doigts. Il se retira et alla vers la porte de l'église. Là, il l'attendit.

Lorsqu'elle sortit, peu après, elle le vit. Il s'approcha pour lui parler. Elle pressa le pas et sortit vite. Il courut derrière elle, la rattrapa.

« Non, ne me parlez pas. Allez-vous en, vous êtes un monstre ! »

Jean eut une grande tristesse.



22/07/2016
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