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Les ennuis de Jeanparapluie

Je connais Jeanparapluie depuis assez longtemps, un vieux pote à moi. Un drôle de type, souvent original, « ne fait jamais rien comme tout le monde », qu'ils disent, et souvent banal, genre vieux ronchon qui louche sur les jupes des femmes dans le métro. Il « fréquente » depuis des lustres la même gonzesse, qu'on dirait qu'il en est fou. Il lui a bien fait quelques infidélités, jadis, mais avec l'âge, il est de plus en plus fidèle, va savoir pourquoi. Il dérive ses penchants en fréquentant des sites mal fréquentés sur internet, des sites de cul, quoi. Souvent déprimants, toujours les mêmes salades, qui finissent en eau de boudin (je ne parle pas de cuisine !). Et toujours, mû par on ne sait quel désir endiablé de nouveauté, d'extraordinaire, le voilà qui replonge, avec l'espoir déraisonnable de trouver, même virtuelle, une aventure qui lui ouvre une fenêtre sur un océan de plaisirs sauvages, tant il est vrai que l'océan du stupre et de la luxure ressemble à celui de l'onde et du poète :

« Je suis la vaste mêlée,

Reptile, étant l'onde, ailée,

Etant le vent ;

Force et fuite, haine et vie,

Houle immense, poursuivie,

Et poursuivant. » (Victor Hugo, La Légende des siècles)

Il ouvre la fenêtre de l'océan d'internet, la nuit, et retrouve le monde proche et lointain des lointaines « amies » inconnues et méconnues. Parfois, quelques atomes s'accrochent, souvent se décrochent, malentendus et sous-entendus s'entrecroisent en une danse vaguement fiévreuse, qui s'estompe à l'arrivée du marchand de sable. Quelquefois, il sent ou il imagine une émotion dans le cœur ou même le ventre de l'une d'elles. Alors, il sent en lui sourdre une autre émotion, qu'en langage scientifique on appelle « bandaison ». Cela se traduit par un afflux sanguin dans la queue et un désir très fort de « toujours plus ». Il n'a pas spécialement faim alors, mais il se sent prêt à dévorer des seins, des fesses, à boire le jus de mille chattes (j'exagère un peu …), mais aucune n'est là ! Sa queue reste désespérément seule et tendue vers le néant. Vous imaginez, mes belles, cette verge orpheline ? N'auriez-vous pas la tentation de lui prêter secours, réconfort, câlinerie ?

Parfois, certaines lui suggèrent, gentiment, de se livrer un peu plus, ou bien d'accoucher d'une nouvelle histoire propre à inciter les mains à se porter vers les culottes. Quelquefois, il fouille dans son grenier, ressort une vieille histoire qu'il enjolive un peu pour la rendre plus présentable, ou un vieux fantasme de gamin sur lequel il sème quelques grammes de piment. Mais ces souvenirs ne l'excitent plus beaucoup, par eux-mêmes. Ce qui lui plaît, c'est d'imaginer un lecteur ou surtout une lectrice en train de se faire plaisir en le lisant. Il cherche toujours ce qui pourrait les pousser sur le chemin du vice et de l'érotisme débordant.

Évidemment, il a toujours rêvé de plaire à plusieurs femmes en même temps. Ne plus savoir où donner de la tête, et de la queue, quel plaisir divin ! Il imagine bien un repas où les mains délaisseraient souvent couteaux et fourchettes pour glisser sous la table, sous les jupes, dans sa braguette, où les belles laisseraient malencontreusement tomber leur serviette pour aller la rechercher parterre, à quatre pattes, explorant entre les jambes, à tâtons..., où le vin délieraient les langues et les chemisiers, les bretelles des robes et des soutien-gorge, un repas dont le dessert se prendrait aux sources du plaisir. Oui, il l'imagine … On peut toujours imaginer !

Il imagine bien que, pour se reposer de ces agapes, après quelques siestes bien méritées, une baignoire accueillante soit assez petite pour que les convives ne se puissent éviter, jambes, bras et ventres et bouches mêlés, enchevêtrés comme prisonniers d'un imbroglio dantesque. La douceur des peaux, la fluidité de l'eau savonneuse, l'agilité des doigts, l'avidité des langues, la curiosité des mains, fouillant, farfouillant, fouinant les coins et les recoins les plus intimes. Oui, on peut toujours l'imaginer !

J'en ai parlé récemment à Jeanparapluie. Il m'a répondu : « Oui, t'es sympa, mais j'ai du boulot, mon vieux ! »



30/01/2017
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