lenferdejeanparapluie

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La chanteuse

Ce n'était pas vraiment une loge, mais une sorte d’alcôve étroite aménagée dans le grenier par des tentures accrochées à la charpente, qui délimitaient ainsi de petits réduits pour les divers usages : maquillage, repos, réunions, nettoyage, entreposage des costumes, etc. Hélène se regardait dans le miroir avant d'enduire son visage de la crème de base, protectrice, car il paraît que la lumière vive des spots et la chaleur qu'ils dégagent sont très irritants. Elle hésitait à se reconnaître. C'était elle qui, hier, s'était offerte, s'était dite soumise à ce type qu'elle ne connaissait même pas, sinon qu'il avait l'air de bien parler. Beau parleur, comme les perroquets, se dit-elle, pensant au perroquet sur lequel elle avait suspendu son parka. Il faisait froid dehors et chaud dedans. Et là, soudain elle sentit le chaud de dedans se changer en froid. Le trac, tel un serpent rusé, prenait le détour de la fierté pour infiltrer en elle ce poison paralysant qui lui avait déjà gâché plusieurs concerts. Elle n'allait tout de même pas rater sa prestation à cause de ce dragueur à la petite semaine.

Elle se ressaisit, étala son maquillage, enfila sa robe de scène et bondit sous les projecteurs, se fit applaudir comme la reine de la soirée et le fut, reine de la soirée, pleine de punch, souveraine, impériale, elle subjuguait les plus sceptique des spectateurs.

Rentrant chez elle, elle sentait encore son cœur gonflé de la joie que procure la conquête. Ses pieds touchaient à peine le sol. Sa tête frôlait les étoiles, et elle sentait son cœur battre comme un tambour de victoire. Machinalement, elle retire ses chaussures, se retrouve vite en nuisette, machinalement, elle ouvre son ordinateur pour lire ses messages ; machinalement, elle en supprime neuf sur dix ; machinalement, elle ouvre celui du « perroquet ». Son cœur soudain ne bat plus ! Les mots sont assez banals et prétentieux, comme toujours chez les mâles. Ca n'a pas grand intérêt, se dit-elle. Ce petit prétentieux lui conseille seulement d'aller voir son dernier texte qu'il prétend érotique, sur son site.

Elle va voir. Le voilà qui prétend maintenant connaître la psychologie des femmes ! Comme si les femmes avaient « une » psychologie ! Elles sont en général nulles en maths justement parce que, en ayant plusieurs, elles ne savent pas les compter !

Machinalement, sa main va et vient sur sa cuisse nue. Machinalement, elle sent ses lèvres remuer en lisant les mots et les mouvements de ses lèvres sont sur ses lèvres comme des caresses. Le tissu de la nuisette frotte doucement la pointe de ses seins. Ils durcissent un peu, c'est normal, il ne fait pas si chaud et le nylon de la nuisette n'est pas si doux, finalement. Elle la retire et se met dans le nid du lit. Sa main maintenant, au rythme des phrases, frôle doucement les lèvres de son sexe. Ces maudites lèvres qui s'écartent malgré elle ! Non, ça ne va pas recommencer !

Elle va prendre une douche. Toute embaumée, elle se recouche, reprend machinalement sa lecture. Ses cuisses sont tout écartées. Ses doigts fouillent avec obstination et nonchalance sa chatte trempée, et ce n'est pas faute de s'être soigneusement séchée après la douche ! Et voilà que de l'autre main elle touche doucement son anus. Son doigt s'y enfonce, en même temps que l'autre dans le vagin. Ses trous étrangement aspirent ses doigts, ses doigts traîtres et autonomes, ses doigts qui ne sont plus à elle, ses doigts qu'elle mange par ses deux trous intimes, exactement comme si c'étaient les doigts de ...



22/03/2016
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