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L'ogre

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Il avait enfin réussi. Celle-là manquait à son tableau de chasse. Il y avait eu des brunes, des blondes, des noires même, mais une jolie rousse comme elle, il en avait certes rêvé souvent, mais jamais une telle proie n'était tombée dans ses bras. Ce n'était pas encore gagné, certes, il n'avait pas encore "conclu" comme dit si élégamment Michel Blanc dans le film des Bronzés, mais elle souriait, riait parfois et, déjà, cela suffisait à gonfler son coeur d'une joie triomphante. Elle était là, assise en face de lui, dans ce petit restaurant où touristes en goguette et couples en cachette se côtoyaient en rires et sourires, les bouches pleines de vin aimable et de paroles aimantes. Il devinait la pointe des ses seins à travers le chemisier et il se demandait si elle s'en rendait compte, sans oser le lui demander.

Ils marchaient dans les rues. Il avait ce pas étrange qu'ont les pharaons des statues antiques. Elle dansait et flottait à ses côtés comme une collégienne sèchant ses cours.

Ils montaient l'escalier, sa jolie croupe balancée à chaque marche. Le souffle leur était court des étages et de la peur.

Il embrassait sa jolie bouche rose aux lèvres accueillantes, caressait ses beaux cheveux de feu, il se nichait dans son cou, la lèchait là où il pouvait, embrassait ses yeux emplis d'inquiétude apaisée.

Peu à peu, sans qu'ils sachent comment, ses cuisses blanches, ses jambes nues se retrouvaient prises dans les mains du mâle, caressées, dessinées comme de beaux vases d'albâtre. Ses seins eux-mêmes sortaient des vêtements, les pointes sucées, lèchées, gentiment tiraillées. Elle souffrait de plaisir.

Dans le lit, elle était nue et lui se délectait du repas qu'elle lui offrait. A petites lappées, comme un chat affamé, il dégustait sa peau blanche et sa chair tendre. Devant, derrière, dessous ... Ses mains effleuraient, frôlaient ses trésors cachés, ses petits secrets enfouis entre les fesses, entre les cuisses. Sa langue lèchait la porcelaine de son corps, dont il ne voulait rien laisser.

Il la dévora, l'envahit, la transperça, la savoura. Il voulait sentir le moindre frémissement de ses chairs amoureuses. Il voulait la manger toute entière. Il voulait dévorer ses seins, manger son ventre, il voulait transpercer ses entrailles. L'ogre triturait les chairs qu'il allait engloutir, dépecer, déchirer. Il fouillait ses entrailles, ses viscères. Il finit par trouver le coeur ! Il le tenait là, entre ses mains tremblantes, palpitant et rouge !

Comme la chat terrible apporte à sa maîtresse la pauvre souris martyre, il apporta à la sienne la proie qu'il venait de voler dans l'écrin de porcelaine, ce pauvre coeur martyre et palpitant et tiède de vie femelle.

Peu à peu, les blancheurs de l'aube dissipaient les brumes de la nuit brune. L'ogre se réveillait lentement, il sentit contre lui la belle rousse encore endormie, encore vivante, encore alanguie, peut-être encore amoureuse, même. Finalement, se dit-il, oui, je suis un ogre, mais il y a pire que moi ! Sentant le coeur de la belle dans son joli corps blanc, il l'embrassa tendrement ...



11/04/2015
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