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Confession 3

En ce temps-là, Jean allait de petit boulot en petit boulot, veilleur de nuit, serveur dans un restaurant, garçon de bureau. Cela le faisait parfois rentrer tard chez lui, en tout cas, pas aux horaires dits « de pointe » où les gens se frottent dans le métro, s'agrippent aux barres poisseuses de sueur, frôlent plus ou moins malencontreusement fesses, seins, et hanches, tandis qu'un sac ou un parapluie leur rentre dans l'estomac. Un soir, donc, à l'heure où s'asseoir dans le métro ne laisse que la difficulté de choisir son siège, Jean monte dans le wagon salvateur qui va le rapatrier vers sa petite chambre sous les toits où l'attend son petit lit tranquille. A droite, un clochard ronfle profondément, à gauche, une blonde est en apnée dans un bouquin. Bien sûr, il s'asseoit en face de la blonde.

Il regarde les réclames : l'aspirateur Tornado, léger comme un oiseau, silencieux comme un poisson et puissant comme un éléphant, les vins GRAP, jamais plus d'un litre par jour …, puis, les jambes de la blonde, ses pieds joliment pris dans de petites chaussures à talon plat, ses chevilles fines dessinées par des bas qui brunissent légèrement sa peau, le mollet qu'il devine tendre, et sa courbe harmonieuse, le genou rond et léger, et un bout de cuisse, tout juste dévoilé par la jupe un peu remontée à cet endroit. Les mains de la lectrice, posées sur ces cuisses invisibles, tiennent un livre. Jean se tord le cou pour voir de quoi il s'agit. « Le livre des fondations », de Thérèse d'Avila ! Bien ma chance, se dit-il, je tombe sur une dinguée catho !

Tournant une page, la voyageuse lectrice soupire un peu et, on ne sait comment, relève un peu sa jupe, montrant involontairement le haut du bas tiré par le porte-jarretelle, que toutes les femmes portaient à cette époque, bien antérieure aux bas qui tiennent tout seuls et même aux collants. Le soupir permet à Jean de deviner, sous la veste étroitement boutonnée, une poitrine de reine, épanouie et tendue vers la vie. Et puis, il remarque qu'une des mains ne tient plus le livre, mais semble caresser le tissu de la jupe, faisant de lents mouvements de va et vient, de rotation, amples et distraits. Il croit presque entendre, tandis que le wagon brinquebale sur les rails criards du métro, le crissement de la doublure de la jupe sur le nylon des bas !

Dans un virage, le livre est près de tomber ; la lectrice lève les yeux avant de reprendre Thérèse d'Avila, et Jean reconnaît Catherine, la fameuse paroissienne dont, chers lecteurs et lectrices, je vous ai parlé déjà, si vous me suivez bien. Son souffle s'arrête, son cœur aussi, quelques fractions de seconde seulement, rassurez-vous, sa bouche s'assèche. Va-t-il lui parler ? Mais Catherine, qui lui a jeté un regard distrait, rejoint Thérèse dans sa quête de l'amour de Dieu et de la salvation des âmes.

Mais les caresses sur la jupe continuent, la petite main fine va et vient et le tissu continue de remonter. Jean voit maintenant la chair nue et blanche au-dessus du bas, le porte-jarretelle de dentelle blanche. Il sent son sexe gonfler et durcir. La main maintenant ne caresse plus le tissu, mais la chair, les jambes se sont décroisées !. Plus de doute, la belle paroissienne est en train de s'extasier en lisant les chemins spirituels de Thérèse d'Avila !

Les yeux de Catherine ne lisent plus, ils se sont fermés. Ses cuisses se sont ouvertes, et Jean voit clairement, qu'elle se caresse la vulve à travers le tissu fin et ajouré d'une culotte blanche. Ses doigts allongés appuient et massent le haut de la vulve, que Jean devine bien dessinée par le tissu un peu tendu. Parfois les doigts reviennent sur la peau de l'intérieur des cuisses, et cela semble ajouter à l'intensité de cette force démoniaque qui retient la blonde dans le monde invisible de ses yeux clos. Jean bande très fort et son pantalon le gène, mais il ne songe même pas à se caresser, ou à dégager son sexe, tant il est médusé par le spectacle de la dévote en chemin vers l'extase.

Catherine se masturbe de plus en plus fort, maintenant même de plus en plus vite. Ses sourcils se resserrent sur son front, sa bouche est entrouverte, comme si elle peinait à respirer. Enfin, sa poitrine se soulève, sa bouche semble avaler une goulée d'air comme un nageur qui vient de boire une tasse et ressort enfin à l'air libre. Le livre est tombé. Elle se soulève légèrement. Au grand étonnement de Jean, elle retire sa culotte, dans ce geste si gracieux qu'ont certaines femmes pour la faire glisser le long des jambes. Elle ramasse le bouquin, se lève pour sortir, et se penchant vers Jean au passage, lui tend la culotte humide de son plaisir. « Je me marie samedi. A Saint-Lambert. Vous viendrez ? Il y aura une petite réception ensuite, vous n'aurez qu'à suivre le mouvement ! ». Et la belle a juste eu le temps de sortir vite du métro avant que les portes ne se ferment dans leur claquement définitif.

Jean en rentrant chez lui serrait la précieuse culotte dans sa poche.



24/09/2016
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