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Cadeaux de Noël

En guise de cadeau de nouvelle année, Chères Ami(e)s de blog, et aussi à vous qui n'êtes pas (ou pas encore) mes amis, je vous offre ce petit conte de Noël de mon cru :

Les Américains, c'est connu, sont férus de science et de technologies avancées. L'histoire vraie qui suit s'est déroulée à la Noël de 2050, dans quarante ans, mais n'en reste pas moins vraie à notre époque.

Deux tourtereaux de New York s'aimaient d'amour tendre. John quittait son emploi de trader en cacahuètes tous les soirs à 18 heures 30 pour rejoindre Jenny, conseillère en orientation professionnelle pour les enfants déshérités des quartiers "colorés". Ils s'offraient tendrement un verre de whisky, sortaient du frigo une pizza surgelée enrichie d'oméga 33, et s'installaient amoureusement sur le canapé de leur "pièce à vivre", buvant goulument du vin rouge d'Italie et les paroles des héros de la série télé "Nous les vraies gens". Au moment du climax, où Karen, l'héroïne principale, défaillante, allait enfin avouer à Jimmy, une des belles gueules du feuilleton, qu'elle l'aimait, bien qu'il fût l'amoureux de Sarah, sa meilleure amie, par ailleurs lesbienne et néanmoins amoureuse de Laurence, le petit ami de la mère de Karen, qui avait lui-même visiblement des désirs tout-à-fait immoraux pour la même Karen, à ce moment crucial, donc, Jenny s'endormait, elle rêvait qu'un beau rugbyman venait l'enlever, la soulevait au-dessus du sol par la seule force de son membre viril planté au tréfond de son ventre ému. John, gèné par les ronflements de Jenny, lui posait alors délicatement une couverture de cachemire synthétique (pourquoi torturer ces pauvres chèvres du Tibet, qui méritaient bien leur indépendance :), se ruait dans la chambre et dans le lit, allumait une télé porno et se livrait à son activité favorite consistant à battre le record de longueur, spatiale et temporelle, de l'expression externe de sa virilité triomphante. Armé dans la main gauche d'un double décimètre, il activait sa main droite autour de sa tige gonflée, l'oeil fixée sur l'aiguille du chronographe qu'il n'oubliait jamais d'enclencher avant de se livrer aux occupations que sa maman, naguère, lui interdisait. Jenny, un peu plus tard dans la nuit, venait le rejoindre toute titubante, tâtait le projectile du bas du ventre de son amant, le sentait tout mou et déclinant. Elle se penchait et le prenait en bouche, tentant de lui redonner vie. Elle aurait voulu que son rugbyman à elle fût aussi glorieux que celui de son rêve, tout en se demandant ce que Karen avait réellement dit à Jimmy. Mais John grommelait dans une langue inconnue tout en dormant et ne rêvait qu'aux tableaux clignotants de la salle des marchés. Bref, ce couple était heureux.

A la pause cigarette, John discutait souvent de ces choses-là avec d'autres collègues mâles. Les femmes sont compliquées, on ne sait jamais ce qu'elles veulent, etc. L'un d'entre eux, plus instruit que les autres, lisait régulièrement des revues scientifiques, notamment tout ce qui touchait à cette discipline nouvelle qu'on appelait la neuroscience. Il y a déjà longtemps, on fichait des électrodes un peu partout dans la cervelle ou le corps des gens et on pouvait, grâce à ces dispositifs, comprendre parfaitement le fonctionnement mental des raisonnements et des émotions. Mais c'était la préhistoire et, maintenant, les électrodes sont devenus inutiles, des capteurs très sensibles permettaient une exploration wi-fi du cerveau et du système nerveux ! Noël approchant, en bon camarade, il offrit à John un appareil minuscule, encore plus petits que les smartphones mais beaucoup plus intelligent, qui permettait de détecter le point G des femmes et l'instant où elles étaient réceptives, comme les juments prètes pour l'étalon. Une sorte de GPS de la sexualité féminine, une carte du Tendre des temps modernes, pour ainsi dire. Cette fois, Jenny passerait un bon réveillon !

Le soir de Noël, donc, sous la couette de John et Jenny, des doigts masculins tapotaient différents endroits du joli corps de la tendre Jenny. John, l'oeil rivé sur le cadran de son GPS, suivait les indications routières qui le conduiraient à coup sûr au point G, à l'instant t. Jenny, un peu surprise, au début, se demandait quelle fantaisie nouvelle avait pris son amant. On aurait dit quelqu'un, dans l'ascenseur, lorsqu'il y a une panne de lumière, qui cherche désespérément à appuyer sur le bon bouton, à l'aveuglette. Mais John n'allait pas à l'aveuglette, il était guidé par la haute technologie de la plus grande nation du monde. Jenny s'habitua peu à peu à cette nouvelle fantaisie de son amant, tout en se demandant s'il n'était pas allé chercher ça avec une autre ... Mais elle était fidèle et docile, elle le laissait faire, puisque cela semblait l'intéresser. Puis elle s'endormit. Le cadran du GPS se mit en mode vibreur automatiquement, pour ne pas la déranger, et John, qui, entretemps avait allumé la télé porno (en coupant le son, pour ne pas la perturber), éjacula bientôt, stimulé à la fois par la navigation assistée dont il sentait bien qu'elle le conduisait à bon port, et par les exploits des acteurs de la télé.

Jenny, de son côté, discutait aussi avec ses copines du boulot. Les hommes ne disent jamais rien. Ils ne se livrent pas et on ne sait pas ce qu'ils ressentent. Ils ne ressentent rien, d'ailleurs, à part vider leur sac à graines ... La meilleure copine de Jenny lui offrit donc, entre Noël et le Jour de l'an, un fantastique petit appareil qui parlait à la place des hommes ! Hop ! une minuscule puce dans l'oreille et une voix suave vous livrait, en direct, les pensées d'homo erectus ! Formidable !

Aussitôt reçu le magnifique cadeau, dès la nuit de la Saint Sylvestre, après le réveillon avec les copains, Jenny se brancha sur le canal du cerveau de John (car il en avait un). La voix suave lui traduisait ses émotions : "Bon, quand est-ce qu'on va au pieu ?" "Putain, quelles belles fesses !" "Bon est-ce que je vais bien bander comme il faut, après tout ce que j'ai bu ?" "La garce, elle va pas jouir bientôt, oui ? je commence à m'emmerder, moi !" Jenny, déçue, s'endormit alors qu'elle chevauchait John qui, lui-même, commençait à être ailleurs...

Le matin du premier jour de la nouvelle année, nos deux amoureux avaient la gueule de bois, des sifflements dans les oreilles, du brouillard dans les mirettes, du coton dans les gambettes, et il leur semblait que leurs os grinçaient comme une vieille porte rouillée. Assis en face l'un de l'autre dans la cuisine, ils trempaient leur tartine (ils s'étaient mis à la gastronomie française depuis qu'elle avait été déclarée patrimoine de l'humanité) à côté du bol. A un moment (qu'il aurait fallu noter !) leurs yeux se croisèrent par un de ces hasards que seule la Nature sait produire. Jenny vit une petite étoile briller dans l'oeil de John. John vit une fleur dans l'iris de Jenny, leurs mains se joignirent dans une sorte de rêve qu'ils n'avaient jamais rêvé. leurs doigts se caressaient, se reconnaissaient. Des sourires fleurirent sur leurs bouches émues. John vint se poser aux pieds de Jenny. Il lui caressait les pieds, les embrassait, ses lèves montaient tout doucement sur la peau douce des jambes et des cuisses nues de Jenny. Elle caressait la tête de cet enfant aux épaules de rugbyman, ses cuisses s'écartaient délicieusement. La langue de John se délectait de son corps laiteux et tendre...

Pendant ce temps, dans la chambre, Le GPS et le récepteur wi-fi, abandonnés, s'ennuyaient ferme. La censure m'interdit de vous dire s'ils ont fini ou non par coucher ensemble !



20/01/2015
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