lenferdejeanparapluie

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La demande

Jean avait rencontré Rosa dans un séminaire de formation. Les séances du matin étaient parfois intéressantes, et, que ce soit par l'intérêt ou par l'appétit qui le guettait vers onze heures, il parvenait à peu près à se tenir en éveil et à suivre les explications et la bonne parole. L'après-midi, c'était plus dur. La torpeur de la digestion l'envahissait plus sournoisement. Mais, matin comme après-midi, ses regards se détournaient du paper-board ou de l'écran vers la table d'en face. Plus précisément, sous la table d'en face de la sienne, où les jolies jambes de Rosa lui faisaient de l’œil, croisées, décroisées, réunies allongées de biais, elles lui offraient le galbe des mollets, la rondeur du genou, la finesse des chevilles, et même un aperçu de cuisses accueillantes !

Sourires, remarques anodines sur le mauvais temps, interrogations profondes sur le sens du métier. Ils faisaient connaissance. Cafés autour de la machine, cafés au bistrot du coin, promenades après déjeuner, invitation au restaurant. Jean et Rosa finissaient, quelques jours plus tard, par devenir d'assez bons amis. Un soir, après dîner, Jean l'avait raccompagnée chez elle, en voiture. Avant qu'elle ne descende, ils étaient restés quelques instants silencieux dans la voiture. Pris d'une audace soudaine, il avait posé la main sur la nuque de Rosa, qui l'avait regardé en souriant. La nuque frêle et gracieuse à la peau douce ne s'était pas dérobée. Mais, lorsqu'il tenta un rapprochement, la belle fila, soudain pressée de rentrer.

Il n'était pas pressé d'ouvrir une relation avec cette femme, une jolie noire qu'il supposait antillaise, à quelques pointes d'accent et certaines expressions. Il ne lui avait jamais demandé d'où elle venait et s'en fichait, s'intéressant plus à ses yeux qu'à ses aïeux. Il n'était pas pressé car il redoutait les futurs petits mensonges, les cachotteries vite devinées, les scènes de jalousie qu'il devrait affronter si jamais, un soir, il franchissait le pas. Les hommes sont des lâches et ne savent pas ce qu'ils veulent !

Il ignorait qu'elle, le soir, les enfants couchés, au milieu de draps froissés, se tortillait les cuisses serrées pour retarder le moment où, n'y tenant plus, elle poserait enfin la main sur sa vulve pour exorciser la torture que lui imposaient les images de l'homme dans sa tête enfiévrée.

Un soir qu'il l'avait encore invitée au restaurant, ils marchaient sous la pluie de Paris. Ils ne voulaient pas se séparer si tôt, et il lui proposa d'aller chez lui, l'imprudent. Assise dans le canapé, elle le regardait mettre un disque. Elle le regardait apporter des verres. Elle le regardait plonger son regard dans l'échancrure de son corsage. Elle défit un bouton. Il s'assit en face et commença à siroter son whisky en lui parlant de cinéma. Elle approuvait tout ce qu'il disait, et lui sentait qu'elle s'en fichait comme de l'an quarante. Il commençait à se demander si elle l'appréciait tant que ça, -peut-être même qu'elle se moquait de lui ?- tellement elle semblait dire « cause toujours, mon bonhomme ! ». Elle replia ses jambes sous ses fesses, souriante. Savait-elle qu'elle lui dévoilait ses cuisses par ce geste ? Non, elle était peut-être innocente, simplement fatiguée de la marche sous la pluie. Elle retirait ses chaussures. Oui, pour ne pas salir le canapé et se délasser les pieds. Elle défit un autre bouton du chemisier. C'est vrai qu'il fait un peu chaud ! Elle sortit un sein et lui montra son téton tout érigé. Oh ! Mais alors, c'est vrai ? Elle veut vraiment coucher avec moi ?

Il l'entraîna dans la chambre. Elle se mit nue très vite. Elle s'allongea en travers du lit, la tête à la renverse. Il lui caresse le visage. Il sort sa verge tendue et la promène doucement sur ce visage qui l'attendait. Il lui caresse les seins. Elle prend le gland dans sa bouche. Elle tête comme un enfant le sein maternel. Il se penche et lui pince les tétons, les étire un peu. Elle geint et il sent sur sa verge les vibrations de sa voix féline. Enfin, n'y tenant plus, il lui prend la tête entre les mains et fait aller et venir son sexe en feu dans sa bouche humide. Il avait peur de la brusquer, de lui faire mal, mais le voila qui baise cette bouche chaude et affamée comme on baise une chatte en chaleur. Il savoure la caresse de la langue sur sa queue gonflée et dure. Il savoure l'abandon de cette femme aux cuisses convulsées. Et dans un râle rauque et sauvage, il explose et l'inonde de sperme. Elle geint et pousse un cri désespéré, étonné, brisé, et retombe pantelante et souriante, dégoulinante.

Jean regarde le beau visage dégoulinant. Les sourcils bien dessinés, les yeux brillants, qui parfois se ferment dans l'abandon, les joues rebondies et souriantes, le petit menton fin, le nez par où passe le souffle de l'âme, la bouche par où il est entré en elle. Elle reste là, inachevée, les seins offerts, les cuisses entrouvertes, la tête renversée, comme prête à le recevoir encore !

Jean est content, mais il n'a pas de joie. Elle est belle et témoigne de sa victoire, mais pas de sa gloire. Il ne l'a pas entraînée assez haut, assez loin. Il était tellement ému, bouleversé de l'abandon dont elle témoignait en se livrant ainsi à lui, qu'il en avait, c'est le cas de le dire, perdu toute retenue. L'explosion de sperme n'avait pas été le jaillissement pur et poivré d'une rencontre inespérée, mais un débordement inattendu où se mêlaient fadement plaisir et faiblesse, comme un aveu d'impuissance devant le beau spectacle qu'elle lui offrait.

Il aurait voulu maintenant lui dire combien elle était belle, mais les mots lui semblaient faibles. Il aurait voulu lui dire combien il la remerciait de son abandon, mais sa vanité l'en empêchait. Il la caressait gentiment, dessinant d'une main douce ses jolies formes, ses hanches, ses pieds, ses mains, ses seins, son cou, sa bouche. Tout en elle lui semblait un chef-d’œuvre dont il aurait rendu grâce au Seigneur, s'il avait eu son numéro de téléphone. Elle se rentrait dans ses caresses comme un enfant le soir se blottit dans son lit. Elle n'était pas excitée par ces mains qui suivaient artistement les courbes de son corps. Elle en éprouvait une sorte de réconfort moelleux, qui aurait pu l'endormir, sans les braises qui couvaient dans son ventre.

Et son ventre, voila que Jean le caressait, l'embrassait ! Savait-il qu'il était au-dessus d'un volcan ? Non, il se croyait sur une douce colline ! Ses lèvres effleuraient la peau douce de Rosa. Sa langue parfois goûtait la saveur salée-sucrée de sa peau brune. Il se cala entre ses cuisses, qu'il posa sur ses épaules et, doucement, consciencieusement, se mit à lécher la jolie fente. Lentement, sa langue passait et repassait sur la vulve. Il savourait le contact doux et tiède des cuisses contre ses joues. Il soulevait les fesses de la belle pour mieux la lécher. Il pousse la langue entre les lèvres du sexe femelle. Il sent des chairs plus tendres, des plis tremblants et oh, un petit bouton dont il se demande d'où vient qu'il ressort ainsi, plus ferme, plus épais que le reste. Il aspire ce petit bout de chair, il le suce, et entend de petites plaintes de Rosa. Il lui fait peut-être mal ! Il arrête ce jeu et descend lécher plus bas dans la fente. Il lui semble qu'une humidité qui n'est pas seulement de sa salive exhale du sexe femelle. Il écarte les cuisses de la belle, lui caresse les jambes, les fesses, et, pris d'une étrange envie soudaine, revient sur ce petit bouton rebelle, qu'il reprend entre ses lèvres, caresse de sa langue par dessus, par dessous. Il l'aspire et le fait râper doucement entre ses dents pour en sentir la fermeté. Rosa geint et se tortille. Il sent qu'il tient sur elle le pouvoir de lui faire du bien et ce sentiment le fait bander de nouveau. Pourquoi ? C'est la vanité masculine ! Il s'acharne sur ce pauvre clitoris que Rosa, maintenant, lui tend en poussant son ventre vers le visage de son amant. Il tient ses fesses et ses fesses dansent dans ses mains et ses mains triturent ces chairs qui ne cachent plus leur désir.

Le clitoris de Rosa devient presque dur. Il est gorgé de sang et elle voudrait se caresser comme elle fait lorsqu'elle est seule, pour se soulager du désir envahissant. Mais l'homme la tient, lui impose un rythme plus lent, et, malgré elle, elle se laisse porter par cette lente marée montante. Elle se cambre et aime sentir les mains de Jean soulever et masser ses fesses. Elle se sent vraiment nue dans les mains de l'homme qui l'a abreuvée de sperme tout à l'heure. Elle voudrait ... elle ne sait pas ce qu'elle voudrait, elle voudrait jouir, elle voudrait exploser, comme lui tout à l'heure dans sa bouche, mais non, voila qu'il la forçait à attendre, à gravir un à un les degrés du désir, à faire des détours dans une folie de caresses. Des caresses qui faisaient grandir son excitation, et son exaspération.

Enfin, il se redressa. Il appuya son gland contre les lèvres du sexe femelle. Il les écarte de ses doigts. Non qu'il ne s'ouvrait pas de lui-même, mais il voulait ce geste comme une délectation supplémentaire. Il enfonce le bout du gland dans la bouche humide du sexe femelle. Elle tressaille, pousse un petit cri. Un doute. Il lui a fait mal ? Il pousse encore un peu. Elle râle. Comme une douleur. Il pousse encore, sans merci. Il sent autour de sa verge les chairs tendres et trempées de la belle l'enserrer fiévreusement. Tenant les fesses de Rosa, il attire son bassin vers lui pour enfourner sa queue aussi loin que possible dans le vagin palpitant et chaud. Il se repaît de ce repos au plus profond du ventre de Rosa. Il la sent tout entière vibrante et tendue vers sa queue. Jamais il n'a eu l'impression de bander aussi fort, de sentir sa queue aussi épaisse. C'est une vraie joie de sentir le corps entier de la femme l'épouser, le chérir au plus profond d'elle-même.

Il commence de lents et longs va-et-vient dans le vagin trempé et tremblant. Elle lui répond par de lents et longs mouvement de danse autour de sa verge épanouie. Il la guide en tenant son joli cul dans les mains. Il tente de frotter les seins de Rosa avec son torse. Il lui suce les tétons, il lui lèche la bouche et le cou. Elle danse de plus en plus folle sur la queue en feu de son amant. Il sent le ruissellement de son sexe femelle. Ses doigts explorent son cul, s'enfoncent même un peu dans son petit trou.

Puis leur danse ralentit de nouveau. Il ressort sa queue luisante et la lui montre. Et il replonge dans son ventre, comme devenu fou de joie. Elle se cabre sur cette queue enfoncée dans son intimité profonde. Leur danse folle reprend de plus belle, presque sauvage. Il voudrait la transpercer et ressortir sa verge par sa bouche. Comme s'il croyait ce but possible, il lance à grands coups de reins son sexe aussi loin qu'il peut dans le ventre de Rosa. Et, enfin, les deux explosent dans une joie brillante de mille feux. Une apothéose longue et céleste.

Ils s'embrassent et s'endorment enlacés.


10/05/2017
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La petite main

Jean et Isabelle se caressaient tranquillement dans le lit. Serrés, collés, les seins contre la poitrine, les cuisses contre les cuisses, pieds emmêlés, mains douces et voyageuses, les deux amants s'aimaient. Jean sentait sa queue gonfler et durcir et était pris par le désir de se frotter contre le corps doux et tendre de son amante. Il aurait voulu la caresser avec sa verge tendue, lui caresser le ventre, les pieds, les seins, les fesses, les épaules, le visage, avec cette queue dure et chaude maintenant, qu'il voulait lui faire sentir partout sur son joli corps.

Elle posa la main sur cette queue chaude dont elle sentait le désir. Sa petite main enserra la verge, la tenant comme la barre à laquelle on s'agrippe dans le métro pour ne pas tomber. Jean sentait cette main confiante. Son orgueil et sa queue s'en gonflaient encore plus. Par spasme, le sang affluait dans son engin, augmentant la pression entre la petite main et son sexe plein de désir. Isabelle tenait de plus en plus fermement la queue rassurante. Elle la pressait, répondait aux spasmes par de petites pressions plus fermes, plus chaudes.

Jean se sentait comme au paradis, absorbé par la pression de la petite main couvant son désir. Il se mit à désirer plus fort. Il poussa sa queue en avant dans la main refermée. Il se retira un peu, puis poussa de nouveau. Il voulait baiser la main. La main répondait par de petites pressions chaudes et tendres. Rhhaaa, un râle de désir s'échappait de sa poitrine. Il commençait à aller et venir dans cette main hospitalière, sur la douceur de la paume et des doigts fins refermés sur sa verge tendue de désir. Il poussait de plus en plus fort, pour témoigner de son désir devenu fou. Il voulait entraîner son amie dans son délire amoureux. Sa verge baisait la petite main, la petite main qui transmettait à tout le corps d'Isabelle la chaleur du désir mâle. Il poussait et poussait encore, la verge gonflée encore et encore, la petite main crispée encore et encore. Enfin, dans un râle entre rage et délice, il explosa et inonda son amie de son sperme chaud et laiteux.

Ils s'embrassaient, s'enlaçaient, et s'endormaient dans un rêve sans fin.


03/03/2017
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Les ennuis de Jeanparapluie

Je connais Jeanparapluie depuis assez longtemps, un vieux pote à moi. Un drôle de type, souvent original, « ne fait jamais rien comme tout le monde », qu'ils disent, et souvent banal, genre vieux ronchon qui louche sur les jupes des femmes dans le métro. Il « fréquente » depuis des lustres la même gonzesse, qu'on dirait qu'il en est fou. Il lui a bien fait quelques infidélités, jadis, mais avec l'âge, il est de plus en plus fidèle, va savoir pourquoi. Il dérive ses penchants en fréquentant des sites mal fréquentés sur internet, des sites de cul, quoi. Souvent déprimants, toujours les mêmes salades, qui finissent en eau de boudin (je ne parle pas de cuisine !). Et toujours, mû par on ne sait quel désir endiablé de nouveauté, d'extraordinaire, le voilà qui replonge, avec l'espoir déraisonnable de trouver, même virtuelle, une aventure qui lui ouvre une fenêtre sur un océan de plaisirs sauvages, tant il est vrai que l'océan du stupre et de la luxure ressemble à celui de l'onde et du poète :

« Je suis la vaste mêlée,

Reptile, étant l'onde, ailée,

Etant le vent ;

Force et fuite, haine et vie,

Houle immense, poursuivie,

Et poursuivant. » (Victor Hugo, La Légende des siècles)

Il ouvre la fenêtre de l'océan d'internet, la nuit, et retrouve le monde proche et lointain des lointaines « amies » inconnues et méconnues. Parfois, quelques atomes s'accrochent, souvent se décrochent, malentendus et sous-entendus s'entrecroisent en une danse vaguement fiévreuse, qui s'estompe à l'arrivée du marchand de sable. Quelquefois, il sent ou il imagine une émotion dans le cœur ou même le ventre de l'une d'elles. Alors, il sent en lui sourdre une autre émotion, qu'en langage scientifique on appelle « bandaison ». Cela se traduit par un afflux sanguin dans la queue et un désir très fort de « toujours plus ». Il n'a pas spécialement faim alors, mais il se sent prêt à dévorer des seins, des fesses, à boire le jus de mille chattes (j'exagère un peu …), mais aucune n'est là ! Sa queue reste désespérément seule et tendue vers le néant. Vous imaginez, mes belles, cette verge orpheline ? N'auriez-vous pas la tentation de lui prêter secours, réconfort, câlinerie ?

Parfois, certaines lui suggèrent, gentiment, de se livrer un peu plus, ou bien d'accoucher d'une nouvelle histoire propre à inciter les mains à se porter vers les culottes. Quelquefois, il fouille dans son grenier, ressort une vieille histoire qu'il enjolive un peu pour la rendre plus présentable, ou un vieux fantasme de gamin sur lequel il sème quelques grammes de piment. Mais ces souvenirs ne l'excitent plus beaucoup, par eux-mêmes. Ce qui lui plaît, c'est d'imaginer un lecteur ou surtout une lectrice en train de se faire plaisir en le lisant. Il cherche toujours ce qui pourrait les pousser sur le chemin du vice et de l'érotisme débordant.

Évidemment, il a toujours rêvé de plaire à plusieurs femmes en même temps. Ne plus savoir où donner de la tête, et de la queue, quel plaisir divin ! Il imagine bien un repas où les mains délaisseraient souvent couteaux et fourchettes pour glisser sous la table, sous les jupes, dans sa braguette, où les belles laisseraient malencontreusement tomber leur serviette pour aller la rechercher parterre, à quatre pattes, explorant entre les jambes, à tâtons..., où le vin délieraient les langues et les chemisiers, les bretelles des robes et des soutien-gorge, un repas dont le dessert se prendrait aux sources du plaisir. Oui, il l'imagine … On peut toujours imaginer !

Il imagine bien que, pour se reposer de ces agapes, après quelques siestes bien méritées, une baignoire accueillante soit assez petite pour que les convives ne se puissent éviter, jambes, bras et ventres et bouches mêlés, enchevêtrés comme prisonniers d'un imbroglio dantesque. La douceur des peaux, la fluidité de l'eau savonneuse, l'agilité des doigts, l'avidité des langues, la curiosité des mains, fouillant, farfouillant, fouinant les coins et les recoins les plus intimes. Oui, on peut toujours l'imaginer !

J'en ai parlé récemment à Jeanparapluie. Il m'a répondu : « Oui, t'es sympa, mais j'ai du boulot, mon vieux ! »


30/01/2017
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Sa main

Noir et nuit dans la chambre

Le sommeil m'emporte vers demain

Par les rêveries où je sombre.

Ma main s'étendant sent une main

Douce et tiède elle me semble.

Je la sens qui frôle ma main,

Ses doigts fins et tendres

Que je connais du plus loin

Qu'il me souvienne et que j'entende

La chanson douce que demain

Sa voix me fera entendre.

Cette main que ma main main-

tenant la tenant en un tendre

Voyage le long de ses méandres

Vers la nuit et son sein

Fait de douces pénombres

Parmi quoi je sens sa main.


09/11/2016
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Confession 3

En ce temps-là, Jean allait de petit boulot en petit boulot, veilleur de nuit, serveur dans un restaurant, garçon de bureau. Cela le faisait parfois rentrer tard chez lui, en tout cas, pas aux horaires dits « de pointe » où les gens se frottent dans le métro, s'agrippent aux barres poisseuses de sueur, frôlent plus ou moins malencontreusement fesses, seins, et hanches, tandis qu'un sac ou un parapluie leur rentre dans l'estomac. Un soir, donc, à l'heure où s'asseoir dans le métro ne laisse que la difficulté de choisir son siège, Jean monte dans le wagon salvateur qui va le rapatrier vers sa petite chambre sous les toits où l'attend son petit lit tranquille. A droite, un clochard ronfle profondément, à gauche, une blonde est en apnée dans un bouquin. Bien sûr, il s'asseoit en face de la blonde.

Il regarde les réclames : l'aspirateur Tornado, léger comme un oiseau, silencieux comme un poisson et puissant comme un éléphant, les vins GRAP, jamais plus d'un litre par jour …, puis, les jambes de la blonde, ses pieds joliment pris dans de petites chaussures à talon plat, ses chevilles fines dessinées par des bas qui brunissent légèrement sa peau, le mollet qu'il devine tendre, et sa courbe harmonieuse, le genou rond et léger, et un bout de cuisse, tout juste dévoilé par la jupe un peu remontée à cet endroit. Les mains de la lectrice, posées sur ces cuisses invisibles, tiennent un livre. Jean se tord le cou pour voir de quoi il s'agit. « Le livre des fondations », de Thérèse d'Avila ! Bien ma chance, se dit-il, je tombe sur une dinguée catho !

Tournant une page, la voyageuse lectrice soupire un peu et, on ne sait comment, relève un peu sa jupe, montrant involontairement le haut du bas tiré par le porte-jarretelle, que toutes les femmes portaient à cette époque, bien antérieure aux bas qui tiennent tout seuls et même aux collants. Le soupir permet à Jean de deviner, sous la veste étroitement boutonnée, une poitrine de reine, épanouie et tendue vers la vie. Et puis, il remarque qu'une des mains ne tient plus le livre, mais semble caresser le tissu de la jupe, faisant de lents mouvements de va et vient, de rotation, amples et distraits. Il croit presque entendre, tandis que le wagon brinquebale sur les rails criards du métro, le crissement de la doublure de la jupe sur le nylon des bas !

Dans un virage, le livre est près de tomber ; la lectrice lève les yeux avant de reprendre Thérèse d'Avila, et Jean reconnaît Catherine, la fameuse paroissienne dont, chers lecteurs et lectrices, je vous ai parlé déjà, si vous me suivez bien. Son souffle s'arrête, son cœur aussi, quelques fractions de seconde seulement, rassurez-vous, sa bouche s'assèche. Va-t-il lui parler ? Mais Catherine, qui lui a jeté un regard distrait, rejoint Thérèse dans sa quête de l'amour de Dieu et de la salvation des âmes.

Mais les caresses sur la jupe continuent, la petite main fine va et vient et le tissu continue de remonter. Jean voit maintenant la chair nue et blanche au-dessus du bas, le porte-jarretelle de dentelle blanche. Il sent son sexe gonfler et durcir. La main maintenant ne caresse plus le tissu, mais la chair, les jambes se sont décroisées !. Plus de doute, la belle paroissienne est en train de s'extasier en lisant les chemins spirituels de Thérèse d'Avila !

Les yeux de Catherine ne lisent plus, ils se sont fermés. Ses cuisses se sont ouvertes, et Jean voit clairement, qu'elle se caresse la vulve à travers le tissu fin et ajouré d'une culotte blanche. Ses doigts allongés appuient et massent le haut de la vulve, que Jean devine bien dessinée par le tissu un peu tendu. Parfois les doigts reviennent sur la peau de l'intérieur des cuisses, et cela semble ajouter à l'intensité de cette force démoniaque qui retient la blonde dans le monde invisible de ses yeux clos. Jean bande très fort et son pantalon le gène, mais il ne songe même pas à se caresser, ou à dégager son sexe, tant il est médusé par le spectacle de la dévote en chemin vers l'extase.

Catherine se masturbe de plus en plus fort, maintenant même de plus en plus vite. Ses sourcils se resserrent sur son front, sa bouche est entrouverte, comme si elle peinait à respirer. Enfin, sa poitrine se soulève, sa bouche semble avaler une goulée d'air comme un nageur qui vient de boire une tasse et ressort enfin à l'air libre. Le livre est tombé. Elle se soulève légèrement. Au grand étonnement de Jean, elle retire sa culotte, dans ce geste si gracieux qu'ont certaines femmes pour la faire glisser le long des jambes. Elle ramasse le bouquin, se lève pour sortir, et se penchant vers Jean au passage, lui tend la culotte humide de son plaisir. « Je me marie samedi. A Saint-Lambert. Vous viendrez ? Il y aura une petite réception ensuite, vous n'aurez qu'à suivre le mouvement ! ». Et la belle a juste eu le temps de sortir vite du métro avant que les portes ne se ferment dans leur claquement définitif.

Jean en rentrant chez lui serrait la précieuse culotte dans sa poche.


24/09/2016
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